Au temps des châteaux.

Le château de Villeneuve date de la fin du Moyen-âge.Blason Cognin 73087Pourquoi Cognin s'appelle Cognin ? Le nom apparaît au début du XIIIème siècle, en 1238, pour désigner une famille de seigneurs dont la maison-forte était vraisemblablement située en un lieu-dit "La Tour" à l'emplacement de l'actuelle maison Ract. Le terme apparaît pour la première fois sur un cartulaire de l'an 1107 sous le vocable « ecclesia de Cohonnino » et également "Cohonninum". Et avant ? Le chanoine Gros, dans son dictionnaire étymologique, établit une certaine filiation avec le patronyme Codonius, un éventuel propriétaire du lieu à l'époque gallo-romaine, mais il faut bien admettre qu'en l'absence de traces écrites, l'argument est insuffisant. On peut se tourner vers la toponymie, l'étude des cadastrations et établir un parallèle avec Cuneo en Italie, Cognin-les-Gorges en Isère. Dans les trois cas, le territoire est dans un coin (en latin cuneus, cuneum) entre deux rivières, ici l'Hyères et le Forézan. Hypothèse séduisante, confortée par la démonstration de Bernard Kaminski que vous pourrez découvrir à partir de ce lien.
oratoireOn peut admirer le château de Villeneuve qui, il est vrai, a subi bien des transformations depuis la première citation du lieu en 1303. On peut y observer de typiques fenêtres à meneaux, témoignages architecturaux du quinzième siècle. Les seigneurs furent les Chabod de Lescheraines qui administraient un territoire dépassant les limites de la commune de Cognin surtout depuis la dotation consentie par le duc Louis en 1460. En 1486, C'est l'un d'entre eux qui renouvela à un certain Pierre de Vercelloto dit « Brûlefer », forgeron de son état, le droit d'utiliser une dérivation de l'Hyères pour activer ses martinets et le soufflet de sa forge moyennant le versement, chaque année à la Saint Michel, de un denier fort. Ainsi entre dans l'histoire le cours d'eau qui deviendra « le canal des usines ». Ayant connu de nombreux propriétaires, acquis par la commune, il est en cours de restauration dans le cadre des opérations d'urbanisation du plateau.Villeneuve Par ce lien, vous pouvez accéder à une importante présentation du château de Villeneuve et de ses propriétaires réalisée par Frédéric Mareschal, membre du GREHC.salins
      Dans le voisinage, on peut remarquer, plus discret mais ne manquant pas de cachet, le château de Salins qui lui serait antérieur et jadis aussi connu sous le nom de "Tour de Villeneuve". Jean Piochet, qui en fut propriétaire au XVIème siècle, était un esprit indépendant et appartenait à un groupe de poètes chambériens réunis autour de Marc-Claude de Buttet.
montcharvin      A l'autre extrémité de la commune, au dessus du vallon du Forézan, datant de la fin du Moyen-âge, il subsiste quelques vestiges du manoir de Montcharvin qui eut au treizième siècle, comme premier propriétaire connu la famille de la Salle. Les aléas des transcriptions cadastrales ont parfois transformé Montcharvin en Mont-Charvet. Pas très éloigné de là, sur les premières pentes de la colline de Chaloup, il faut signaler l'existence du château de Martinel avec sa tour carrée et, à l'intérieur, ses fresques  qui ont été classées. Actuellement propriété de Madame de Maillard, le domaine fut le lieu-dit "La Chênaie" dans le roman La Peur de vivre d'Henry Bordeaux.
      Pour franchir l'Hyères et relier ainsi Cognin à Chambéry, il existe le Pont-Vieux daté de 1503, avec son architecture si pittoresque. Ce passage sur l'Hyères date de l'époque romaine. Il n'est devenu « vieux » qu'à partir de 1830, l'année où, à quelques dizaines de mètres, fut construit le Pont-neuf sur lequel passe la départementale 1006. A l'autre extrémité de Cognin, il faut citer le Pont Saint-Charles terminé en 1671 et baptisé ainsi en l'honneur de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie, le promoteur de l'ouvrage. Signalons qu'actuellement, suite aux démolitions et reconstructions, c'est le troisième Pont Saint-Charles qui ne supporte plus, hélas, la stèle en l'honneur de son promoteur.
03      Enfin il est un château bien connu des Cognerauds et au delà : c'est le château de Corinthe. Son origine est médiévale puisqu'il est mentionné parmi les logis réquisitionnés pour l'accueil des invités aux fiançailles de Marie de Savoie et d'un prince milanais Visconti au château de Thomas II du Bourget-du-Lac en 1427. Transformé par un certain Alardet au XVIème siècle, à qui l'on prête parfois à tort la paternité du nom, il a conservé son corps central de logis et ses deux ailes. En 1793, son propriétaire, Charles-Joseph Vibert de Massingy, Marquis de la Pierre, eut bien des ennuis avec les autorités révolutionnaires et dut le quitter pour émigrer. L'édifice devint "bien national". On sait peu de choses sur le bâtiment au siècle suivant jusqu'à sa transformation en Institution Impériale des Sourds et Muets dont Madeleine Barthélémy avait été à l'origine à Chambéry en 1841. Réaménagé et surtout agrandi en 1881, complété par d'autres bâtiments au vingtième siècle, il deviendra ultérieurement l'Institut National de Jeunes Sourds qui occupe une place importante dans l'identité de Cognin.
mappe     La période est également, au début du XVIIIème siècle, marquée par l'élaboration de la précieuse et disons-le, artistique Mappe sarde appelée aussi "premier cadastre savoyard". Nous vous invitons à la découvrir et à en savoir plus en cliquant sur les liens suivants :

La Mappe sarde de Cognin. Article et photos du GREHC. (en 2 parties. copie de 1831)

La tabelle de la Mappe sarde de Cognin. Liste des propriétaires.

Archives de la Savoie : accès à la Mappe sarde originale de Cognin.